À 32 ans, il s’est réorienté dans le solaire par conviction [article 24 Heures)]
Article du 24 Heures – Publié: 20.03.2026, 18h36
Fabien Lapierre
Le Vaudois Matthieu Santos a mis de côté son CFC d’employé de commerce pour une carrière à succès dans le photovoltaïque. Le Canton encourage ces reconversions. Témoignage.

Matthieu Santos a occupé des postes administratifs et RH qui ne le satisfaisaient pas. En 2023, il s’est formé comme monteur de panneaux solaires, avant de rapidement évoluer dans la branche.
Photo: Yvain Genevay / Tamedia
En bref:
- Le trentenaire Matthieu Santos a quitté son emploi de bureau pour se reconvertir dans le solaire.
- Il a suivi une formation de monteur en panneaux photovoltaïques.
- Il travaille désormais pour Voltiris, une start-up vaudoise spécialisée dans les modules pour serres.
«Je n’ai pas un parcours académique, mais aujourd’hui j’occupe le poste dont je rêvais, dans une start-up qui développe des modules photovoltaïques innovants. Je suis valorisé, on me fait confiance et on me confie beaucoup de responsabilités. Je vis les meilleures années de ma vie!» résume Matthieu Santos, après trente minutes de discussion, dithyrambique au sujet de sa reconversion dans le secteur de l’énergie solaire.
L’homme de 35 ans a complètement changé d’orientation professionnelle après avoir «pas mal zigzagué». Il n’avait pas fini le gymnase, abandonné un préapprentissage de graphiste, et c’est par défaut qu’il s’était inscrit pour devenir employé de commerce à 23 ans. Or, les postes administratifs et en ressources humaines qu’il a occupés ne l’ont pas satisfait.

Matthieu Santos travaille pour la start-up vaudoise Voltiris qui développe des panneaux photovoltaïques translucides adaptés aux serres de maraîchage.
Photo: Yvain Genevay / Tamedia
Le déclic se produit durant la première vague du Covid-19. «Il me reste plus de trente ans à bosser, alors autant faire quelque chose que j’aime, se persuade Matthieu. Il me faut un travail qui corresponde à mes valeurs, proches de la nature, au service du bien commun et dont je vois l’impact sur la société.» Le trentenaire fait un «incroyable reset»: il quitte Lausanne pour Montreux, hésite à se former comme conseiller en nature et environnement, avant de se décider pour le solaire en 2023.
Avec l’appui de son conseiller ORP, il suit le premier programme spécifique de l’association de réinsertion ESPRI. Cette formation de monteur en panneaux photovoltaïques se fait en deux semaines au centre de formation Technique du bâtiment (TB) à Villeneuve. Il apprend les bases du métier, pour lequel il n’existait pas encore d’apprentissage: relevé de toiture, câblage, lecture de plans, normes de sécurité et principes d’installation… Le reste se fait sur le tas, durant des missions temporaires.
Se faire violence contre le froid et le vent
L’acquisition d’un savoir-faire technique n’effraie pas ce bricoleur. «C’était un challenge et j’étais très motivé par le changement», se souvient Matthieu Santos. Et le fait de travailler en hauteur, par tous temps? «Je n’ai pas spécialement le vertige. Par contre, j’ai parfois refusé de monter sur le toit tant que la sécurité n’était pas suffisante, assure-t-il. Et puis quand il faisait froid et qu’il y avait du vent, il fallait se faire violence.»
En moins d’un an, le néophyte évolue vite: il passe aide-monteur, second chef d’équipe, puis, à court de mission, devient préparateur de cours photovoltaïque chez TB qui l’avait formé. Une reconnaissance. Finalement, la start-up qu’il lorgne depuis quelques années le recrute l’été dernier. La pépite vaudoise Voltiris développe des modules photovoltaïques dotés de filtres colorés adaptés aux serres des maraîchers. Ils laissent passer le spectre lumineux utile à la croissance des plantes.
En tant que coordinateur d’équipe, Matthieu Santos accompagne des projets en Suisse et en Europe. Cet été, il pilotera l’installation de deux serres genevoises grandes comme trois terrains de foot. «Je crois en l’énergie propre et en l’indépendance énergétique de la Suisse, affirme-t-il. Le soleil est inépuisable et non dépendant de la géopolitique, à la différence des ressources fossiles.»
Le Canton de Vaud poursuit son aide à la formation
Pour accélérer la transition énergétique, le Canton de Vaud encourage financièrement les formations continues dans les métiers de l’énergie ou carrément les reconversions. En 2025, le programme «Appel à projets formation» a permis de soutenir sept nouveaux projets portés par des institutions de formation, pour un montant de 245’000 francs.
L’opération, dotée d’une enveloppe de 600’000 francs, est reconduite cette année. Elle sera renforcée par l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l’énergie. Elle permet de se former en groupe dans les domaines de la production d’énergie renouvelable, de la rénovation du bâti et de l’assainissement énergétique, du remplacement d’installations alimentées par des combustibles fossiles et de la réduction de la demande en énergie.